21 juin 2009
La vengeance clandestine de la DGSE
il y a 1 heure 20 min
Au printemps 2002, au moment où les relations avec des militaires pakistanais s'envenimaient sur fonds de commission non perçues, l'Etat français aurait appliqué la loi du talion par l'entremise du Service Action de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), une unité militaire spécialisée dans les opérations clandestines, une information d'abord rapportée par le site d'information Mediapart.
«Rétorsion». Au regard d'éléments figurant dans le dossier d'instruction, une équipe du Service Action aurait été dépêchée au Pakistan au moment de l'attentat de Karachi pour «appliquer des mesures de rétorsion», au motif qu'«on ne fait pas chanter la France». Les juges responsables de l'enquête, Marc Trévidic et Yves Jannier, ont confirmé l'existence de cette hypothèse lors de leur rencontre de jeudi à Cherbourg avec les familles des victimes. Selon des confidences recueillies par Libération, cette expédition punitive aurait consisté à casser les jambes de trois amiraux pakistanais et à liquider un militaire d'un rang inférieur.
L'épisode, méconnu jusqu'à une période récente, a provoqué des discussions entre familles de victimes et magistrats, jeudi à Cherbourg. Un témoin de cet échange a indiqué que les juges semblaient s'interroger encore sur la date de l'opération.
Bombe. Celle-ci aurait pu avoir lieu entre les mois de mars et d'avril, après que l'ambassade de France à Islamabad a reçu un avertissement sous la forme d'une bombe désamorcée, pour stopper ledit chantage - mais en vain. Ou bien après l'attentat du 8 mai 2002, pour punir les responsables.Outre que la vengeance ne saurait se substituer à la justice, l'affaire montre aux magistrats qu'au sein de l'appareil sécuritaire français des décideurs connaissaient les maîtres chanteurs.
Commentaires
Les juges demandent la levée du secret défense
Morin pliera-t-il à la demande de juges? Fournira t-il tout le dossier?
Affaire à suivre... ça va chauffer!
Les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, chargés de l'instruction sur l'attentat de Karachi, qui avait tué 11 Français employés de la DCN (Direction des constructions navales) en 2002, ont adressé au gouvernement une demande de levée du "secret défense" afin d'obtenir "l'ensemble des documents" susceptibles d'éclairer leur enquête. Leur requête, datée du 1er juillet, vise à la fois les commissions prévues par le contrat de vente de sous-marins qui liait DCN à la marine pakistanaise, les destinataires de ces commissions et la connaissance qu'ont pu avoir les services de renseignements - et notamment la DGSE (Direction générale des services extérieurs) - des arrière-plans de ce contrat et des causes de l'attentat.
Dans leur demande, adressée au ministre de la Défense Hervé Morin, les magistrats rappellent que certains éléments remis à la justice laissent envisager une piste politico-financière, dès lors que "les commissions légalement prévues [sur la vente des sous-marins] n'auraient pas été intégralement honorées" ; l'attentat pourrait ainsi avoir constitué une forme de rétorsion contre la France et la DCN en raison de l'inexécution d'un engagement financier. Le blocage des commissions était effectivement intervenu en 1996 sur ordre de Jacques Chirac - ainsi que Le Point l'avait révélé dès le 4 décembre 2008 -, parce que le chef de l'Etat soupçonnait ses rivaux balladuriens de vouloir capter une partie des commissions à des fins de financement politique.
Depuis que les juges ont indiqué aux familles des victimes de l'attentat que la piste des commissions non honorées leur paraissait "cruellement logique" et que l'hypothèse d'un acte commis par Al-Qaeda semble abandonnée, l'ancien ministre de la Défense, Charles Millon, a confirmé - dans un entretien à Paris Match - la consigne donnée par Jacques Chirac et les soupçons se concentrent sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Ce dernier a toutefois balayé ces accusations, qu'il a jugées "parfaitement infondées". Interrogé le 26 juin sur France Info , l'actuel ministre de la Défense, Hervé Morin, s'était déclaré favorable à la déclassification des dossiers liés à cette affaire : "Pour éviter le fantasme, il faut jouer la transparence", avait-il souligné, précisant : "Sur la question pakistanaise, si les juges demandent la déclassification, ils auront la déclassification."
La source
J'ai oublié de préciser la source de l'info:
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-07-04/info-lepoint-fr-attentat-de-karachi-les-juges-demandent-la-levee-du-secret-defense/924/0/358489
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=344977&pid=14156711
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
