13 novembre 2009
Nicolas Sarkozy puise dans le nationalisme un ressort électoral
il y a 6 heures 31 min
Maurice Barrès, nouvelle arme électorale de Nicolas Sarkozy? S'il se veut à rebours du nationalisme barrésien, le chef de l'Etat n'en utilise pas moins les ressorts pour capter un électorat d'extrême droite tenté de rejoindre son giron originel.
En exaltant de nouveau contre toute attente, lors d'un discours jeudi à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), les symboles d'un des maîtres à penser du régime de Vichy (1940-1945), Nicolas Sarkozy a fini de creuser un sillon idéologique dont les ramifications tactiques ne laissent pas de doute.
"Il semble évident qu'il puise en grande partie dans le registre de l'extrême droite et que c'est calculé", souligne Régis Meyran, docteur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l'identité nationale.
François Miquet-Marty, président de l'institut Viavoice, confirme que l'extrême droite a repris du poil de la bête avec la polémique sur la vie intime du ministre de la Culture.
"Le Front national a réussi un coup médiatique avec l'affaire Frédéric Mitterrand, il est en train de reprendre de la vigueur et une partie de son électorat qui a voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 est tenté de revenir aux sources".
Les enquêtes d'opinion dénotent une progression du parti de Jean-Marie Le Pen dans les intentions de vote pour les élections régionales de mars 2010, à environ 9% au plan national.
A l'Elysée comme à Matignon, on se défend de convoquer les thèmes porteurs de l'extrême droite - immigration, sécurité, identité nationale - pour conjurer des pronostics électoraux peu favorables à la majorité.
Un ministre concède toutefois que l'une des préoccupations est d'"éloigner la question d'une résurgence du Front national".
INDIGNE
Accusée par le président de la République d'avoir "peur" du débat sur l'identité nationale lancé le 2 novembre par Eric Besson, la gauche dénonce une "manoeuvre" et un "piège".
"C'est indigne du chef de l'Etat que de laisser penser qu'il y aurait d'un côté des bons Français de droite, et de l'autre côté une opposition qui ne connaîtrait pas l'identité nationale et, sous-entendu, qui ne l'aimerait pas", a estimé vendredi sur i>Télé le député socialiste Pierre Moscovici.
Le sénateur socialiste Robert Badinter a dénoncé sur France Inter une manipulation électorale. "Je comprends très bien que les socialistes refusent de s'y associer", a-t-il dit.
"L'identité nationale, pour moi c'est d'une extrême simplicité: communauté de cultures, communauté de valeurs, communauté de destins", a souligné l'ancien ministre de la Justice. "On n'a pas besoin pour ça d'aller dans les préfectures débattre sous la férule d'un féal du président".
En mars 2007, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il ne laisserait pas "le monopole de la nation à l'extrême droite".
Le vocable d''"identité nationale", que récusent notamment ethnologues et démographes, a été introduit dans les années 1980 par Jean-Marie Le Pen, lorsque le FN a pris corps en France.
Jeudi, Nicolas Sarkozy, avec l'appui de son conseiller Henri Guaino, a emprunté au nationalisme de Maurice Barrès en multipliant les variations sur "la leçon de la terre", la "conscience nationale", "la terre et les morts" chantés par l'écrivain du XIXe siècle.
"L'ANTI-FRANCE"
"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy.
L'identité catholique - le président français juge que le retrait de la mention des "racines chrétiennes de l'Europe" du traité européen est une erreur -, le culte des ancêtres, de la terre, de la famille parcouraient son discours comme le "Roman de l'énergie nationale" de Maurice Barrès.
"Les caractères propres, ethniques et nationaux, nés de variations séculaires, qui différencient le Français de France de l'étranger, ne sont point des métaphores", écrivait l'écrivain dans "Le système nerveux central", publié en 1899.
Des chercheurs se sont alarmés de l'émergence de "normes identitaires" comme autant d'injonctions propres à exclure - des "reconduites à la frontière" de l'identité.
Une réminiscence de "l'Anti-France" de Charles Maurras, dont on a pu retrouver les accents jeudi dans l'évocation d'une "désintégration civique et sociale", avancent certains. Et d'un jour de 2006 quand Nicolas Sarkozy a dit devant des militants UMP: "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils la quittent".
Mais pour le chef de l'Etat, "c'est dans la crise de l'identité nationale que renaît le nationalisme qui remplace l'amour de la patrie par la haine des autres".
En empruntant tout autant au "nationalisme fermé", le "nationalisme des nationalistes" théorisé par Michel Winock, et au nationalisme républicain "ouvert" à la Jean Jaurès et à la Charles Péguy, Nicolas Sarkozy cultive une ambiguïté idéologique à même d'inspirer des ralliements divers.
Edité par Yves Clarisse
Sarkozy attaque ceux qui refusent de parler d'identité nationale
Des pépins dans la communication ..non...du Pétain dans le texte! Je n' aurais jamais imaginé vivre ceci!Sly
Hier, 19h50
Nicolas Sarkozy a choisi un haut lieu de la résistance française contre l'occupation nazie pour défendre de nouveau jeudi le débat sur l'identité nationale, lancé par son ministre de l'Immigration Eric Besson et dénoncé par la gauche.
Ce débat n'est pas "dangereux" mais "nécessaire", à un moment "où les repères s'effacent" et où "l'identité devient incertaine", a déclaré le président français devant un millier de personnes - élus locaux, habitants du Vercors et militants UMP - dans un gymnase de La Chapelle-en-Vercors (Drôme).
"Est-ce qu'on défendra nos valeurs, notre civilisation, nos idées ou est-ce qu'on se laissera emporter par des effets de mode successifs ?" leur a lancé Nicolas Sarkozy.
Et de faire la leçon à ceux qui, comme le Parti socialiste, refusent de participer à ce débat "pour les femmes et les hommes qui aiment leur pays", lancé le 2 novembre dernier et qui doit s'achever par un colloque de synthèse le 4 février 2010.
Ce qui est dangereux, c'est de refuser de parler d'identité nationale et "de faire comme si tout allait bien", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a accusé ceux qui ne veulent pas d'un débat d'en avoir peur : "S'ils ont peur de l'identité nationale française, c'est qu'ils ne la connaissent pas."
Il était allé déposer auparavant une gerbe au pied du mur devant lequel 16 otages de 17 à 38 ans ont été fusillés le 25 juillet 1944 par des soldats allemands, dans le petit bourg montagnard de La Chapelle-en-Vercors (Drôme).
Une façon pour le chef de l'Etat d'illustrer sa conception de l'identité française et de la "fierté" d'être français.
"UN ATOUT DANS LA COMPÉTITION INTERNATIONALE"
Pour illustrer son propos, il a convoqué la défense de la patrie, de la Guerre de Cent ans aux maquisards du Vercors en passant par les soldats de l'An II ; l'héritage de la chrétienté et celui des Lumières ; les valeurs du travail, du mérite et de la famille ; le TGV, Ariane, l'aéronautique et le nucléaire ...
En invoquant cette trilogie travail-famille-patrie, après avoir défendu l'idée, le 27 octobre dans le Jura, que la terre fait partie de l'identité nationale française, il a pris le risque d'être accusé par ses détracteurs de brandir des thèmes renvoyant à la France du maréchal Pétain et de Vichy.
Confronté à mi-mandat et à cinq mois des élections régionales à la pagaille suscitée dans sa majorité par des réformes mal acceptées, à des polémiques à répétition, à un chômage en hausse et des sondages en baisse, il a également renoué avec les thèmes de prédilection de sa campagne de 2007.
Si la France est un des pays les plus divers du monde et ne demande à personne d'oublier son histoire ou sa culture, a-t-il ainsi déclaré, "devenir français c'est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs et à des moeurs".
Il a ainsi réaffirmé, dans un des passages les plus applaudis de son discours, qu'il n'y avait pas en France "de place pour la burka".
"On ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l'on peut faire pour son pays" ou bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a également invoqué des arguments économiques et assuré que l'identité nationale était "un atout dans la compétition internationale" et une façon de refuser que la France "devienne une sorte de grand fonds spéculatif".
Il a célébré les vertus de la crise financière et économique internationale, qui "a fait éclater le mythe de l'uniformisation inéluctable et de l'avènement d'une civilisation des nomades, connectés avec le monde entier mais sans ancrage national".
Edité par Yves Clarisse
10 novembre 2009
Sarkozy 9/11 : "des mensonges" (Duflot)
AFP
10/11/2009 | Mise à jour : 13:15 |
La secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot a qualifié de "dérisoire" la polémique sur la présence ou non de Nicolas Sarkozy à Berlin le 9 novembre 1989, estimant toutefois que la "véritable question" est de savoir pourquoi "on a obligé des gens à mentir". "C'est à la fois dérisoire et ça suscite une véritable question", a déclaré Duflot sur i-Télé. "C'est dérisoire parce qu'il (M. Sarkozy) y était le 16 novembre, apparemment tout le monde converge, mais on oblige des gens à mentir pour dire qu'il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens ?", s'est-elle demandée.
"Je ne sais pas si c'est la personne qui s'occupe de la page Facebook du président qui s'est gourée, auquel cas, ça arrive, on corrige. Mais s'obstiner à obliger des gens à mentir, c'est invraisemblable", a insisté la tête de liste d'Europe-Ecologie en Ile-de-France pour les régionales de mars. "Ou alors c'est effectivement significatif d'une façon bizarre de vouloir réécrire l'Histoire. Si les désirs du président sont tels qu'il faut que tout le monde obéisse quitte à mentir, c'est bizarre quand même", a-t-elle jugé.
09 novembre 2009
Mur de Berlin: Sarkozy s'arrange avec l'histoire
il y a 1 heure 13 min
Sur sa page facebook, Nicolas Sarkozy raconte son 9 novembre 1989. Le président se dit témoin direct de l'évènement: présent à Berlin ce soir-là, il aurait tout vu. Il accompagne son témoignage d'une photo où l'on peut le voir s'attaquer au mur armé d'une pioche. Lire la suite l'article
Mais le chef de l'Etat, ou la personne qui gère sa page Facebook, aurait semble-t-il pris ici quelques libertés avec l'histoire. En effet, selon Alain Auffray, journaliste de Libération, le récit du président ne tient pas debout. Nicolas Sarkozy explique qu'il aurait senti l'évènement se profiler depuis Paris le matin du 9 novembre et qu'il aurait alors décidé de se rendre à Berlin, avec Alain Juppé et François Fillon notamment. Mais personne à l'époque, à Paris comme à Berlin, n'avait pu prévoir que le soir même le mur allait tomber. L'évènement était totalement imprévisible. Les Berlinois de l'Ouest n'ont d'ailleurs pris l'information au sérieux qu'après 23 heures ce soir là.
Le président ajoute dans son récit qu'à l'annonce de l'ouverture du mur, il se serait joint à un rassemblement enthousiaste au niveau de la porte de Brandebourg, côté Ouest. Mais historiquement, il n'y a eu aucune «annonce» d'ouverture le soir du 9 novembre, et encore moins de rassemblement à l'Ouest. Une foule de Ouest Berlinois ne s'est attaquée au mur que le lendemain matin. Les étrangers ne sont arrivés à Berlin que le 10 novembre pour les plus rapides. Parmi eux, se trouvait peut-être Nicolas Sarkozy. Mais sûrement pas le 9 novembre.
Pourtant hier beaucoup ont cru à ce petit arrangement historique. Une dépêche AFP reprenait d'ailleurs le récit du président, sans vérification:
Nicolas Sarkozy, qui doit participer lundi à Berlin aux célébrations des vingt ans de la chute du mur de Berlin, raconte sur sa page Facebook comment, en ce jour historique, il s'était trouvé dans cette ville, y allant lui aussi de ses "coups de pioche". Une photo nocturne du jeune élu devant le Mur atteste de cette participation.
Selon le journaliste... Lire la suite sur Slate.fr
Quand Pierre Sarkozy fait intervenir un conseiller de l'Elysée pour obtenir une subvention...
Hier, 20h16
C'est le site Electronlibre.info, relayé par Rue89, qui donne l'info: Pierre Sarkozy (premier fils de...) qui s'était vu refuser une subvention par la SCPP (société civile des producteurs de phonographiques), a obtenu l'aide d'un conseiller de l'Elysée pour tenter d'obtenir ladite aide...On se demande bien ce que vient faire un conseiller dans cette histoire! Revenons dessus...
Pierre Sarkozy, aka Mosey (voir son Myspace), est producteur de Hip Hop. Il s'occupe de son propre label, Da Cream Chantilly. A son actif: la production du dernier album de Doc Gyneco, et du making of" 100% Debouzze". Il a par ailleurs composé quatre morceaux de la BO de Seul Two (certaines mauvaises langues n'hésitent d'ailleurs pas à dire qu'il y aurait un lien entre cette collaboration et les autorisations du préfet pour "désertifier" Paris pour le film).
Donc Pierre Sarkozy a un nouveau projet... Estimé à environ 80.000€. Il recherche donc des financements (normal). Il sollicite la SCPP, qui est, selon le site SCPP "une société de perception et de répartition des rémunérations perçues pour le compte de ses membres auprès des utilisateurs de phonogrammes et de vidéomusiques".
La SCPP est en fait un organisme qui perçoit entre autre la fameuse taxe pour les copies privées (celle sur les supports vierges: CD, DVD), ainsi que des droits de diffusion d'oeuvres. Elle les reverse ensuite aux artistes, producteurs et auteurs. La SCPP peut aussi attribuer des aides. Pierre Sarkozy a naturellement demandé l'une de ces aides, pour un petit montant (moins de 10 000€), ce qui est tout à fait normal. L'aide lui a été refusée: Pierre Sarkozy n'est pas membre de la SCPP, et celle-ci n'accorde que très exceptionnellement des aides à des "non-membres".
Là où ça se gâte, c'est que Pierre Sarkozy, pas content, a fait appel à Papa, lequel a donc envoyé un conseiller de l'Elysée pour arranger la situation (ou faire pression, selon le point de vue adopté). Pour l'instant, aucune décision n'a été rendue sur l'attribution de cette aide.
Il n'y a pas de gros scandale; cependant, il y a une certaine conception de "l'argent des autres", encore une fois, dans cette histoire...
Mise à jour par la rédaction
Ce dimanche la SCPP aurait fait passer un communiqué officiel, signale Libération.
Selon ce communiqué, la SCPP n'a à "aucun moment, directement ou indirectement, (...) été sollicités pour accorder un traitement de faveur" à la société dont Pierre Sarkozy est actionnaire, rapporte Libération.
Le site Electronlibre.info qui a révélé cette histoire a un son de cloche différent.
"La direction générale de la SCPP contactée par le château s’empressa d’apporter toutes les garanties, que lors de la prochaine commission, l’affaire serait réglée dans le sens qu’il convient", peut-on lire sur le site.
L'affaire serait-elle donc réglée? Pierre Sarkozy parviendra-t-il à faire pencher la balance en sa faveur?
"Cela n'arrivera pas", assure le président de la société de production Abeille Musique et membre de la SCPP, Yves Riesel, à Libération. Rien, en revanche, n'empêche Pierre Sarkozy d'adhérer...
"Si ce petit garçon n'est pas capable de téléphoner lui-même à la SCPP pour demander des explications comme n'importe quel producteur et qu'il demande à l'Elysée de le faire, ça le regarde", souligne Yves Riesel.
05 novembre 2009
Sarkozy tacle violemment Rama Yade
Rama ose...Sarko prose!Sly
AFP
05/11/2009 | Mise à jour : 07:26 |
Le président Nicolas Sarkozy juge que Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, a une "difficulté à s'insérer dans une équipe, quelle qu'elle soit", a-t-on appris hier soir auprès de l'Elysée.
"C'est Nicolas Sarkozy qui a trouvé et promu Rama Yade mais il constate aujourd'hui sa difficulté à s'insérer dans une équipe quelle qu'elle soit", selon l'Elysée. "M. Sarkozy l'a retirée" du ministère des Affaires étrangères, où elle était secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, "parce qu'elle ne se supportait plus avec (Bernard) Kouchner", le chef de la diplomatie, a-t-on ajouté. "Maintenant, c'est la bagarre avec Roselyne Bachelot", son actuelle ministre de tutelle, "il y a un moment donné où il faut travailler en équipe ou alors, ce n'est pas possible". "C'est une affaire sérieuse, le gouvernement de la France, ce n'est pas une affaire de caprice !".
Depuis qu'elle est au gouvernement, Rama Yade s'est plusieurs fois démarquée de l'exécutif, notamment lors de la visite du numéro un libyen Mouammar Kadhafi à Paris, en décembre 2007, et dernièrement, en désapprouvant un amendement mettant fin à des exonérations de charges sociales pour les clubs sportifs professionnels dans le cadre du droit à l'image des sportifs (DIC)."
04 novembre 2009
Le soutien à Nicolas Sarkozy au plus bas depuis son élection
Hier, 18h34
Le soutien des Français à l'action de Nicolas Sarkozy est au plus bas depuis son élection en mai 2007, selon le baromètre de l'Ifop publié mardi.
Seulement 39% des personnes interrogées approuvent l'action du président de la République fin octobre, contre 45% un mois plus tôt. Depuis son élection, ce taux n'était jamais descendu en-dessous de 41%.
Seuls les plus de 65 ans et les artisans soutiennent encore majoritairement le chef de l'Etat et la baisse est forte chez les sympathisants du Front national (-10) et de l'UMP (-9).
La cote d'approbation de l'action de François Fillon est tombé à 49% (-3), son deuxième plus mauvais score depuis sa nomination en mai 2007.
Cependant, seules 32% des personnes interrogées jugent que l'opposition ferait mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir.
L'Ifop observe un regain de confiance des sympathisants socialistes en leurs dirigeants, 61% estimant qu'ils agiraient mieux que le gouvernement (+15).
Cette enquête a été réalisée les 29 et 30 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 1.001 Français âgés de 18 ans et plus.
Clément Guillou, édité par Sophie Louet
Sarkozy tance Raffarin sur la taxe professionnelle
Hier, 20h39
Nicolas Sarkozy et François Fillon ont réaffirmé chacun de leur côté mardi que la réforme de la taxe professionnelle devait être votée cette année, malgré les remous qu'elle suscite au sein de l'UMP.
Evoquant le sujet lors de la réunion hebdomadaire des dirigeants du parti, le chef de l'Etat s'en est pris à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait dénoncé dans une tribune cosignée avec 23 autres sénateurs UMP une réforme "ni claire, ni juste, ni conforme à (leurs) convictions".
"Votre démarche n'est pas formidable. Vous n'avez averti personne, ni moi, ni le Premier ministre, ni le secrétaire général (de l'UMP). Elle ne sert pas notre camp", a-t-il dit, selon un participant à la réunion.
"Les réformes, c'est difficile. Il faut rester unis (...) Ce n'est pas une tribune qui infléchira ma décision", a-t-il ajouté.
Selon un autre participant, Nicolas Sarkozy a souligné qu'il était tout à fait ouvert à des discussions sur les modalités "mais réaffirmé sa détermination sur la suppression de la taxe professionnelle et sur son calendrier, à savoir le budget 2010".
"Tout cela a été dit sans élever la voix et Raffarin était plutôt mal à l'aise", a-t-il rapporté.
Cité par un troisième participant, Jean-Pierre Raffarin s'est défendu de mener une fronde des sénateurs contre la taxe professionnelle, assurant que "sa volonté était de peser sur le débat et qu'il y avait matière à trouver une solution".
Dans la soirée, l'ancien Premier ministre a cependant déclaré sur son blog (www.carnetjpr.com) qu'il avait bien une divergence avec le chef de l'Etat sur la décentralisation et qu'il assumait ses convictions "sereinement".
"PERSONNE NE PEUT SERMONNER PERSONNE"
Jean-Pierre Raffarin s'en prend dans un texte très court aux auteurs des fuites sur la réunion de l'Elysée et récuse l'idée qu'il a été "sermonné" par Nicolas Sarkozy.
"Ce n'est pas ma conception du dialogue au sommet de l'Etat. Personne ne peut sermonner personne, parce que chacun doit respecter chacun", écrit-il.
"Ma lecture de cette réunion n'est pas celle d'un sermon mais celle d'un constat réciproque d'une divergence quant à la décentralisation", ajoute le sénateur, estimant que "le 'bavard' qui a communiqué à la sortie de la réunion a le récit partial et partiel."
Le Premier ministre François Fillon a pour sa part tenu, devant les députés UMP, le même discours de fermeté que le chef de l'Etat sur une réforme déjà votée par l'Assemblée nationale.
"Il faut la voter avant la fin de l'année, c'est capital, le monde économique l'attend", a-t-il dit selon Jean-François Copé, le président du groupe. "Le débat est légitime mais le calendrier doit être impérativement respecté", a-t-il ajouté.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a lui invité le gouvernement à écouter ce que la Chambre haute avait à dire sur une réforme qui, dit-il, ne peut être votée telle quelle.
"Je pense que le gouvernement a besoin, dans le cadre du projet de loi de Finances, de conduire cette réforme mais qu'il ne peut pas la conduire n'importe comment, que le gouvernement doit écouter le Sénat", a-t-il déclaré sur Europe 1.
"Je pense qu'en l'état, la réforme ne sera pas votée", a-t-il poursuivi, ajoutant que quand le Sénat aura été entendu sur ses craintes, "je crois qu'une majorité pourra se dégager".
"Les parlementaires sont d'accord dans leur majorité pour qu'on remplace la taxe professionnelle, qui est anti-économique pour les entreprises. Par contre, ils veulent que la contribution économique territoriale qui va la remplacer apporte un certain nombre de garanties aux collectivités territoriales", a expliqué le président du Sénat.
Service France, édité par Gilles Trequesser
28 octobre 2009
Dominique de Villepin présente "sa force alternative"
Hier, 22h02
Rassemblant ses soutiens à Paris quelques jours après la fin du procès Clearstream, Dominique de Villepin a présenté mardi soir les grandes lignes de son projet de "force alternative" pour une France "républicaine, solidaire et indépendante". Dans un discours truffé de références indirectes à Nicolas Sarkozy, l'ancien Premier ministre a proposé "un retour à l'esprit de la nation", pour que "la politique retrouve ses lettres de noblesse".
"Notre pays ne peut vivre avec une concentration du pouvoir, une personnalisation du pouvoir qui nuit à son efficacité", a déclaré Dominique de Villepin à ses partisans rassemblés à la Maison de l'Amérique latine. "Plus le pouvoir est concentré, moins il est efficace, et plus nous vivons à l'heure des polémiques, à l'heure d'une démocratie d'opinion où, jour après jour, ce sont les polémiques qui font l'actualité".
"Refusant certaines dérives qui entravent la marche de l'unité et de l'efficacité de la nation", l'ancien Premier ministre a proposé à ses soutiens le rassemblement au sein d'une "force alternative" et "le retour à l'esprit de la nation".
"L'esprit de la nation, c'est une France républicaine, une France solidaire et c'est une France indépendante", a-t-il lancé sous les applaudissements de l'audience. "C'est bien cette alternative que nous voulons préparer, une alternative républicaine, une alternative qui apporte des réponses concrètes à nos concitoyens".
Dominique de Villepin n'est pas entré dans "les détails" de ce projet, mais en a évoqué quelques grandes lignes: "une fiscalité plus juste, plus intelligente, plus efficace", "une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail", et "une politique d'exigence vis-à-vis de l'endettement national, si nous voulons tout simplement arrêter l'hémorragie qui est celle aujourd'hui de notre pays et nous placer en position de reprise".
Dominique de Villepin, contre lequel a été requis 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 45.000 euros d'amende au procès Clearstream, a profité de cette occasion pour dresser un constat sombre de la vie politique française actuelle, au fil de remarques semblant destinées au président Nicolas Sarkozy.
"Sans doute au cours des dernières années a-t-on oublié que la politique était aussi faite d'humilité, faite du refus de la coupure entre les dirigeants et le peuple, faite de proximité, faite d'une capacité à corriger sa copie au jour le jour, et que l'entêtement -et j'en sais quelque chose- n'était pas toujours de bon conseil", a-t-il déclaré. Au premier jour du procès Clearstream, l'ancien Premier ministre avait stigmatisé "l'acharnement" du chef de l'Etat, partie civile dans le dossier, à son encontre.
"Quand la République n'est plus capable d'apporter la protection sociale à travers l'ensemble du pays vis-à-vis de chacun de nos concitoyens, quand nous devons faire face à 30 milliards de déficit de cette Sécurité sociale, alors oui la République est en danger", a-t-il également lancé.
"Quand cette cohésion est menacée également par un chômage des jeunes de près de 25%, alors oui la République est menacée. Et, quand l'endettement de la France va conduire toute la richesse nationale créée à être utilisée pour rembourser la dette française, alors oui la République est menacée". AP
«Ils chassent sur les terres du FN»
il y a 4 heures 31 min
Vincent Peillon est député (PS) au Parlement européen.
Ce débat sur l'identité nationale a-t-il un sens ?
Le gouvernement lance surtout ce débat pour ne pas parler de la France : l'école, la laïcité, les acquis sociaux Tout va très mal et, d'un coup, à quelques mois des régionales, le gouvernement nous ressort les trois «i» : immigration, insécurité, impôts. Ils chassent sur les terres des extrémistes.
L'expression vous gêne-t-elle ?
Il y a un problème dans les termes. Jamais, dans toute son histoire républicaine, la France n'a lié sa nature au rapport avec ses étrangers. Elle a toujours considéré l'apport des autres nationalités comme une chose positive pour son identité, en étant extrêmement ouverte, avec une condition simple : l'adhésion à des valeurs communes.
Comment la gauche doit-elle se comporter dans ce débat ?
Elle doit dire la vérité. C'est le même ministre qui est passé en une semaine des charters à l'identité nationale Mélanger le tout au problème de la burqa, et nous revenons aux pires moments de notre histoire. Je suis contre la burqa, mais ce n'est pas 350 jeunes femmes qui la portent qui menacent notre identité. A gauche, nous devons être décomplexés avec cette question : avoir une conception rationnelle mais aussi affective et symbolique de la nation. Dire quelle France on aime : celle de Pétain et de Boulanger ou celle d'Hugo et de l'anticolonialisme ? Pour nous, la France a un nom : la France républicaine.
La droite revendique aussi cette appellation
Mais ce sont eux qui remettent en cause l'école, la laïcité. N'oublions pas que Sarkozy drague les communautés religieuses et crée l'amalgame en installant un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.
Voyez-vous un clivage droite-gauche sur cette question ?
Ce débat montre surtout une certaine inculture et les sous-entendus d'une partie de la droite. Il faut faire aimer... lire la suite de l'article sur Libération.fr
